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Résumé :
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Si les procès-verbaux policiers, les enquêtes sociales et les expertises comportent souvent quelques indications sur les niveaux de consommation d’alcool et de drogues, ainsi que sur les types de produits stupéfiants consommés, les professionnels se fondent bien souvent sur les seules déclarations des prévenus. Or, ceux-ci peuvent être tentés de minimiser leur consommation, ou au contraire de l’exagérer, pariant sur une plus grande clémence des magistrats. En outre, ces écrits professionnels font régulièrement état de consommations « festives », « occasionnelles », « régulières »,d’« abus », de « dépendances », d’un « alcoolisme » ou d’une « toxicomanie », sans que les seuils de consommation ainsi qualifiés soient toujours explicités, que ces catégories lexicales soient clairement distinguées et surtout sans modes decatégorisation homogènes. Ces données renseignent a minima sur les informations à disposition des magistrats en amont du prononcé d’une alternative ou de l’audience de jugement. Si les problématiques addictives sont vraisemblablement sous-évaluées, un abus ou une dépendance à l’alcool ou aux drogues est avancé près de quatre fois sur dix (39 %), dans un quart des dossiers d’alternatives aux poursuites (25 %),38,7 % des dossiers correctionnels et plus de la moitié des dossiers criminels (53,1 %).Outre les consommations excessives d’alcool (A), on observe au fil du temps une progression importante de la consommation de produits stupéfiants (B). Du fait de la rareté des expertises médico-psychologiques, surtout réalisées dans les affaires criminelles et à la suite de délits sexuels, l’identification des troubles psychiatriques est plus complexe et partielle (C). Au-delà des pathologies proprement dites, ces publics se caractérisent par des trajectoires biographiques plus heurtées, justifiant, dans l’esprit des acteurs judiciaires, le prononcé de soins.
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