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Résumé :
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Parmi les politiques publiques visant à modifier les comportements individuels quotidiens, rares sont celles qui ont obtenu des résultats probants à l’échelle d’un demi-siècle. Parmi celles-ci, on compte la politique menée en matière de lutte contre le tabagisme aux États-Unis où, entre 1965 et 2015, la consommation de cigarettes par tête a baissé de plus de 70 % (Warner et al., 2014). Ainsi, en 1965, les États-Unis comptaient 42 % de fumeurs actuels en population générale (occasionnels ou quotidiens), dans un contexte où la cigarette était largement autorisée. En 2015, après 50 ans de politiques soutenues de lutte contre le tabagisme, moins d’un Américain sur cinq se déclare fumeur (15 %) et la visibilité de la cigarette dans l’espace public a nettement décliné (SAMHSA, 2014 ; Johnston et al., 2015). Selon certains démographes américains, les efforts de régulation du tabac mis en œuvre depuis le milieu des années 1960 incarnent, dans l’histoire moderne, la campagne de santé publique la plus réussie en termes de bienfaits pour la population, même si le tabagisme demeure la principale cause évitable de cancer (Holford et al., 2014). Cette tendance se retrouve dans d’autres pays occidentaux, comme le Canada, l’Islande et la Norvège, qui ont tous réussi à réduire la proportion de fumeurs de moitié depuis 1980 (tous sexes confondus). Toutefois, cette évolution est nettement moins soutenue dans les pays de l’Union européenne.
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